Prévention de la maltraitance envers les enfants : extension réussie d’une intervention basée sur des données probantes à l’échelle de la population

Date de publication: 
09/09/2010
Source: 

Prinz, R.J., Sanders, M.R., Shapiro, C.J., Whitaker, D.J., & Lutzker, J.R. (2009). Population–based prevention of child maltreatment: The U.S. Triple P System Population Trial. Prevention Science, 10(1), 1-12.

Revu par: 
Sydney Duder
Résumé: 

La maltraitance envers les enfants est un problème de santé publique important : le programme américain Triple P – programme de parentage positif – est un système complet de soutien au parentage et à la famille à l’échelle de la population. Il a été conçu pour traiter ce problème. Il consiste en cinq niveaux et comprend une formation professionnelle et un soutien grandissants adaptés à la difficulté croissante des problèmes de comportement de l’enfant et s’adresse à une grande variété de fournisseurs de services dans différents milieux. Une série complète de ressources d’appoint a été mise au point : des manuels et des cours destinés aux fournisseurs/praticiens et des ressources documentaires coordonnées pour les parents. Les auteurs citent de nombreuses données probantes antérieures concernant l’efficacité du programme Triple P basées sur plusieurs études sur les composantes des programmes menées dans des conditions contrôlées. Cette étude vise à vérifier à quel point le système peut réduire la prévalence de la maltraitance envers les enfants à l’échelle de la population.

 

Le schéma d’évaluation comprend l’assignation aléatoire de 18 comtés d’un État du Sud-Est : 1) ceux qui offrent le Triple P et 2) ceux qui offrent les services dans des conditions habituelles, en tenant compte de la population du comté, du taux de pauvreté et du taux de violence envers les enfants. Dans les comtés offrant le programme Triple P, 649 fournisseurs de services ont été formés grâce à 69 cours de formation professionnelle. Les fournisseurs ont déclaré offrir le Triple P à un grand nombre de familles. Les estimations obtenues lors d’entrevues de suivi téléphonique variaient entre 8 883 et 13 560. Les indicateurs de résultats du programme sont trois statistiques populationnelles rapportées pour chaque comté par des systèmes indépendants de collecte de données; il s’agit de taux pour 1000 enfants pour :

  • Les cas corroborés rapportés par les services de protection de l’enfance;
  • Les cas de placement à l’extérieur du foyer enregistrés dans le système de placement en famille d’accueil;
  • Les hospitalisations et les visites à l’urgence pour cause de maltraitance enregistrées par le personnel médical.

Pour confirmer l’équivalence de l’échantillon, les chercheurs ont comparé rétrospectivement les valeurs relatives aux comtés offrant le programme Triple P et à celles des comtés du groupe témoin pendant une période de cinq ans précédant l’étude et n’ont pas découvert de différences significatives. Ils ont ensuite comparé les différences de résultats pré et post intervention des deux groupes pendant la période d’intervention de 24 mois (tests t, le comté étant l’unité d’analyse). Pour les trois indicateurs, les résultats des comtés offrant le programme Triple P sont significativement meilleurs (p < 0,01 – 0,03); l’ampleur de l’effet se situe dans une fourchette large à très large (d de Cohen = 1,09 – 1,22). En ce qui a trait à la maltraitance corroborée, les taux post intervention pour 1000 enfants sont de 11,74 (Triple P) par rapport à 15,06 (groupe témoin). Les auteurs soutiennent que ces résultats montrent qu’un modèle de santé publique comme ce programme peut avoir un impact préventif sur la maltraitance à l’échelle de la population.

Notes méthodologiques: 

The authors believed that this population trial was the first study of its kind to randomize communities to condition, implement evidence-based parenting interventions as a prevention strategy, and then demonstrate positive impact on population indicators of child maltreatment. A particular strength of this study was the fact that the three outcome measures were as objective as possible and largely independent of program staff; for example, hospitalization and emergency room reports of child injuries were made by medical staff, not involved in Triple P training. However, these are relatively gross measures that might underestimate the prevalence of harmful parenting practices. It is important to remember that effect sizes found at a population level like this are relevant for policy formulation, but should not be confused with effect sizes found for individual families or children in more traditional clinical trials.