Une approche centrée sur la personne afin de comprendre le comportement des pères biologiques en matière de parentage

Date de publication: 
11/06/2012
Source: 

Lee, S.J., Kim, J., Yaylor, C., & Perron, B. (2011). Profiles of disciplinary behaviors among biological fathers. Child Maltreatment, 16(1), 51-62.

Revu par: 
Jennifer Nutton
Résumé: 

Les recherches indiquent que la participation positive des pères à l'éducation de leurs enfants (p. ex., soutien émotionnel, discipline appropriée, supervision) diminue le risque de comportements négatifs comme la délinquance chez les jeunes. Inversement, l’intervention négative du père auprès des membres de la famille (c'est-à-dire abus de substances psychoactives, problèmes de santé mentale, violence conjugale) accroît le risque de préjudice envers l'enfant à la maison. La présente étude exploratoire est centrée sur les comportements de parentage des pères biologiques qui participent à l'éducation de leurs enfants et vise à mieux comprendre les effets des techniques disciplinaires positives et négatives. Contrairement à une grande partie de la recherche sur le parentage, cette étude est centrée sur les comportements disciplinaires du père et non de la mère. Elle est également unique en son genre, car les chercheurs utilisent une méthodologie centrée sur la personne comme l'analyse de structure latente (ASL) afin de mieux comprendre les comportements disciplinaires des pères en les répartissant dans des sous-groupes mutuellement exclusifs et basés sur leurs réponses à 14 variables.

Cette étude utilise les données de l'étude Fragile Families and Child Wellbeing Study – FFCWS – (soit étude des familles fragiles et du bien-être de l'enfant) (qui recueille des données grâce à des entrevues avec les mères et les pères à la naissance de l’enfant, puis lorsque l'enfant a un an et ensuite lorsqu'il a trois ans), et sur l’étude In-Home Longitudinal Study of Pre-School Aged Children (soit suivi longitudinal des enfants d'âge préscolaire à la maison) (entrevues effectuées auprès des mères qui ont aussi participé aux principales entrevues de la FFCWS). Pour évaluer la discipline des pères envers leur enfant de trois ans, les chercheurs ont recueilli des données auprès d'un sous-échantillon de mères et de pères participants (n=1238). L'information porte uniquement sur les comportements de parentage des pères biologiques résidant à la maison. Ils ont utilisé l’échelle Parent-Child Conflict Tactics Scales (soit échelle des tactiques utilisées en cas de conflit) dans le modèle ASL pour évaluer les comportements disciplinaires agressifs et non agressifs. Les chercheurs ont réparti les participants dans des sous-groupes basés sur quatre profils de parentage paternel (faible discipline, faible agressivité, agressivité physique modérée et agressivité physique et psychologique élevée). Les résultats de l'étude indiquent que la plus grave forme de discipline, l'agressivité psychologique (par exemple traiter l'enfant d'idiot ou de fainéant, le secouer et le pincer) était rare dans tous les groupes. Les formes de disciplines les plus courantes étaient non agressives et consistaient notamment à expliquer ce qui n'allait pas, à donner quelque chose d'autre à faire à l'enfant et à lui retirer ses privilèges. Les pères appartenant au groupe où l’agressivité physique et psychologique était élevée étaient plus susceptibles d'avoir des enfants qui présentent des niveaux plus élevés d'agressivité. Les disputes conjugales et la perception que le père avait du soutien accordé par la mère à son enfant étaient virtuellement égales dans les quatre profils de parentage. Les auteurs suggèrent que les disputes parentales normatives ne différencient pas les pères en ce qui a trait à leur style de parentage. Cependant, les résultats démontrent que les formes plus graves de conflits conjugaux augmentent le risque d'agressivité psychologique ou physique envers l'enfant.

Notes méthodologiques: 

As an exploratory study, it is important to note the potential benefits of using a person-centered approach. For example, the LCA revealed qualitative differences among the subgroups of parenting profiles that total scores from the Parent-Child Conflict Tactics Scales (PCCTS) would not. However, the LCA model also revealed limitations as the ability to detect differences between groups is determinant on having a large enough sample within each of the subgroups; and, in this study, the size of the high physical and psychological aggression parenting profile group was small (n=42). The Parent-Child Conflict Tactics Scales used in this study has been widely used in parenting research and in many countries, which speaks to the reliability and validity of this measurement. However, there are methodological limitations around scales of self-reports particularly when participants are asked about their own socially undesirable behaviours leading to underreporting. Finally, the sample only included biological fathers residing in the home so the findings are not generalizable to non-biological fathers residing in the home or biological fathers not residing in the home.