Variations, selon l’âge et le sexe, du bien-être subjectif des enfants dans divers contextes de sécurité collective

Date de publication: 
08/15/2018
Source: 

Uyan-Semerci, P., Erdoğan, E., Akkan, B., Müderrisoğlu, S., & Karatay, A. (2017). Contextualizing subjective well-being of children in different domains: Does higher safety provide higher subjective well-being for child citizens? Children and Youth Services Review, 80, 52-62.

Revu par: 
Biru Zhou
Résumé: 

Le bien-être subjectif des enfants est déterminé par les conditions politiques, sociales et économiques au sein de leur environnement socioculturel. Cette étude examine le lien entre divers contextes de sécurité collective dans les pays participants et le bien-être subjectif des enfants dans les six domaines suivants : santé (p. ex., satisfaction à l’égard de l’état de santé), biens matériels (p. ex., satisfaction à l’égard de la maison ou de l’appartement où ils vivent), éducation (p. ex., satisfaction à l’égard de la vie scolaire), relations (p. ex., satisfaction à l’égard de la vie familiale), risques et sécurité (p. ex., satisfaction à l’égard de son propre sentiment de sécurité) et autoperception (p. ex., satisfaction à l’égard de son corps). Les auteurs se sont également demandé si l’âge et le sexe des enfants avaient une incidence sur ce lien.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont analysé la deuxième série de données recueillies dans 15 pays auprès de 35 417 enfants de 10 à 12 ans ayant participé à l’International Survey of Children’s Well-Being afin de déterminer dans quelle mesure le macrocontexte de sécurité collective était lié au bien-être subjectif des enfants dans divers domaines. Afin de classer les pays participants en trois niveaux de sécurité collective (élevé, moyen et faible) et de pouvoir ainsi se livrer à une analyse par grappes, les chercheurs ont eu recours à des macro-indicateurs (tirés du Programme des Nations Unies pour le développement et du Rapport mondial sur la protection sociale 2014-2015) des politiques sociales dans les domaines de la santé, de l’éducation et des services sociaux dans ces pays, et ils ont tenu compte de la sécurité sociétale et des risques pour les enfants. Une fois les pays classés en trois catégories, une analyse de régression a été effectuée afin de mesurer le rôle de l’âge et du sexe comme facteurs modérateurs sur le lien entre le contexte de sécurité collective du pays et le bien-être subjectif des enfants.

Les résultats ont révélé des variations significatives entre le contexte de sécurité collective et le bien-être subjectif des enfants dans divers domaines, ces variations étant différentes selon l’âge et le sexe. Ainsi, dans les pays où le niveau de sécurité collective était élevé ou moyen, les enfants ont fait état d’un plus grand bien-être subjectif dans les domaines « biens matériels » et « risques et sécurité ». Dans les pays où le niveau de sécurité collective était faible, les filles ont fait état d’un bien-être subjectif significativement moins grand que les garçons. Toutefois, les filles ont fait état d’un bien-être subjectif plus grand que les garçons dans les domaines « éducation » et « relations », et ce, dans divers contextes de sécurité collective. De plus, les enfants des pays où le niveau de sécurité collective était faible présentaient la moyenne la moins élevée au chapitre du bien-être subjectif dans le domaine « relations ». Cependant, les enfants plus âgés ont fait état d’une plus grande satisfaction dans ce domaine, ces résultats indiquant que l’écart attribuable aux divers contextes de sécurité collective diminuait chez les enfants plus âgés. Les résultats de cette étude ont démontré que les macropolitiques sociales peuvent influer directement et indirectement sur le bien-être subjectif des enfants dans divers domaines. L’incidence des politiques sociales peut varier en fonction du sexe et des groupes d’âge.

Notes méthodologiques: 

La deuxième série de données de l’International Survey of Children’s Well-Being était constituée de données imbriquées recueillies dans 15 pays comptant chacun au moins 1 000 participants. Vu la petite taille de l’échantillon pour le niveau de sécurité collective le plus élevé (l’étude portait sur 15 pays seulement), on peut comprendre que les auteurs n’aient pas eu recours à la modélisation multiniveaux pour l’analyse des données. Ils ont plutôt opté pour une analyse par grappes, qui permet de regrouper les pays afin d’obtenir différents niveaux de sécurité collective comme prédicteurs dans leur analyse de régression. Les auteurs ont toutefois noté que la composition des grappes – c’est-à-dire les pays réunis dans chacun des trois niveaux de sécurité collective – serait largement tributaire des macro-indicateurs choisis ainsi que du nombre et du type de pays étudiés. En d’autres mots, en raison de la diversité des macro-indicateurs et des pays, il pourrait se révéler très difficile de reproduire les résultats de cette étude. On pourrait alors recourir directement à des macro-indicateurs dans chaque pays à titre de prédicteurs de niveau 2 dans un modèle multiniveaux reposant sur des estimations bayésiennes obtenues par la méthode de Monte Carlo par chaîne de Markov ou appliquer la méthode de Kenward-Rogers avec estimation du maximum de vraisemblance restreint (McNeish & Stapleton, 2016).     

Bibliographie

McNeish, D. M., & Stapleton, L. M. (2016). The effect of small sample size on two-level model estimates: A review and illustration. Educational Psychology Review, 28(2), 295-314. Doi: 10.1007/s10648-014-9287-x