Les fractures dues à la violence en pente descendante? Résultats encourageants d’un hôpital pédiatrique états-unien

Date de publication: 
09/05/2007
Source: 

Leventhal, J.M., Larson, I.A., Abdoo, D., Singaracharlu, S. & al. (2007). Are abusive fractures in young children becoming less common? Changes over 24 years. Child Abuse & Neglect, 33(3), 311-322.

Revu par: 
Jules Lajoie
Nico Trocmé
Résumé: 

Cette étude a examiné les tendances des fractures dues à la violence chez des enfants âgés de moins de 36 mois évalués à l’Hôpital pour enfants de Yale-New Haven (Connecticut) entre 1979 et 2002. Après avoir révisé les résumés de dossiers médicaux et radiographies, deux cliniciens (dont un expert en violence faite aux enfants) et deux radiologues pédiatres ont chacun estimé la probabilité d’abus en utilisant des critères explicites et une échelle à sept points qui s’échelonnait de « définitivement avec violence » à « définitivement blessure accidentelle ». La proportion des cas considérés avec abus a ensuite été comparée selon différentes périodes de temps, et les rapports de cotes ajustés ont été calculés par régression logistique. La proportion des cas cotés « avec violence » a donc diminué de 22% de 1979 à 1983 à 10% de 1991 à 2002 (p <.001). Les probabilités qu’un cas donné soit coté « avec violence » ont diminué de plus de 50% lors de cette période. Les auteurs spéculent que cette diminution pourrait être due à une détection rapide améliorée des familles à risque élevé. Bien que ces résultats ne soient limités qu’à un seul hôpital, ils sont assez encourageants pour justifier une recherche de confirmation dans d’autres institutions.

Notes méthodologiques: 

Les données présentées dans cette étude longitudinale proviennent d’un seul hôpital et ne peuvent être généralisées au-delà des résultats spécifiques à cet hôpital. L’étude n’a pas dépisté les fractures soignées dans les hôpitaux non-pédiatriques et ne peut donc pas tenir compte des effets biaisés d’autosélection. Bien qu’il s’agisse d’un examen rétrospectif de cas, les auteurs ont été prudent de s’assurer que tous les dossiers soient cotés indépendamment par les deux cliniciens, et toutes les radiographies et tomodensitométries ont été cotées indépendamment par deux radiologues pédiatres.