Un programme de prévention de la violence implémenté dans des écoles secondaires ontariennes s’avère prometteur

Date de publication: 
03/06/2008
Source: 

Wolfe, D. A., Crooks, C. V., Hughes, R., & Jaffe, P. G. (2005). Building healthy relationships among children and youth: Comprehensive and integrated violence prevention programs and strategies for school communities.

Crooks, C. V., Scott, K. L., Wolfe, D. A., Chiodo, D., & Killip, S. (2007). Understanding the link between childhood maltreatment and violent delinquency: What do schools have to add? Child Maltreatment, 12, 269-280.

Revu par: 
Stephen Ellenbogen
Résumé: 

L’école secondaire (high school) est devenue un environnement de plus en plus populaire pour implémenter des activités de promotion de la santé et de prévention primaire. En Ontario, par exemple, tous les étudiants de secondaire 3 (Grade 9) reçoivent des formations sur la prévention de violence et de sécurité, sur l’abus de substances et sur la santé sexuelle. Toutefois, le cursus est normalement constitué d’enseignants inexpérimentés montrant des vidéos et livrant des exposés sur des sujets prédéterminés. Utilisant un protocole expérimental, les chercheurs mentionnés ci-haut ont tenté de tester l’efficacité d’un programme de promotion multidimensionnel et à volets multiples sur la prévention primaire et la promotion d’habiletés, appelé le Fourth R (quatrième « R »). La composante principale de l’intervention est un cursus interactif de 21 leçons (par ex., jeu de rôle, exercices d’explication des valeurs) donné par des enseignants expérimentés. Parmi les autres activités on compte des conférenciers invités, des sorties de classe, des performances théâtrales, des séminaires de sensibilisation pour le personnel de l’école, ainsi que des tentatives pour informer/impliquer les parents. Les écoles présentant un programme standard d’éducation physique et de santé ont servi de groupes témoins. Un total de 22 écoles (avec 785 filles et 722 garçons en secondaire 3) ont été assignées aléatoirement à des rôles expérimental et témoin.

Les résultats ont démontré que le Fourth R a été bien reçu par les étudiants et des gains substantiels en terme de connaissance sur l’abus, la santé sexuelle et l’usage/abus de substances ont été rapportés au cours du semestre. De plus, les garçons ont démontré une plus grande sensibilisation vis-à-vis les conduites sociales agressives, et ont moins participé à de telles actions. Au post-test le Fourth R n’avait pas un impact discernable aux niveaux de la délinquance avec violence. Toutefois, l’intervention a semblé diminuer le lien entre une maltraitance lors de l’enfance et la délinquance avec violence. Plus spécifiquement, les jeunes maltraités avaient plus de chance d’être agressifs que les jeunes non-maltraités des écoles témoins, mais cette association n’a pas été détectée dans l’échantillon expérimental. Les auteurs spéculent que le programme pourrait avoir contribué à adoucir les effets délétères de la maltraitance sur les problèmes des jeunes tels que l’agression. Un examen de l’impact du programme sur les jeunes maltraités serait justifié.

Dans une analyse de modèle linéaire hiérarchique (HLM), la sécurité perçue à l’école a ressorti comme un prédicteur particulièrement robuste de la délinquance avec violence. Les auteurs affirment que la sécurité au niveau scolaire a démontré avoir une influence sur le comportement délinquant des jeunes. Toutefois, il est important de noter que d’autres interprétations sont plausibles. Par exemple, la présence de plusieurs délinquants violents dans une école peut avoir eu une influence négative sur le climat de cet environnement. Néanmoins, les résultats sont révélateurs et méritent d’être approfondis dans une autre étude.

Site web du programme 'Strategies for Healthy Youth Relationships’ : http://www.thefourthr.ca

Notes méthodologiques: 

This effectiveness study had several strong features: randomized design, large sample size, a program that was pilot tested and grounded in theory, the use of process and outcome measures, an emphasis on developing a sustainable prevention strategy, and an attempt to implicate students, teachers, parents, and the community. The use of HLM to tease out individual and school level effects was particularly informative. There was, however, limited information on program adherence and whether any schools refused to participate. On the whole, The Fourth R project represents an important contribution to the field. Few outcome evaluations of school-based primary prevention programs have been conducted in such a thorough and systematic fashion. The results of the two-year follow-up study are eagerly awaited.