Le trafic sexuel chez les jeunes pris en charge par la protection de la jeunesse aux États Unis

Date Published: 
08/29/2018
Source: 

O’Brien, J. E., White, K., & Rizo, C. F. (2017). Domestic minor sex trafficking among child welfare–involved youth: An exploratory study of correlates. Child Maltreatment, 22(3), 265-274.

Reviewed by: 
Megan Simpson
Summary: 

Les auteurs de la présente étude se sont intéressés au lien entre les facteurs démographiques, l’implication dans le trafic sexuel intérieur de mineurs (TSIM) aux États-Unis et les variables psychosociales chez des enfants et des adolescents pris en charge par les services américains de protection de la jeunesse. Le cadre juridique du TSIM comprend le recrutement, l’hébergement, le transport, l’offre ou l’obtention de mineurs à des fins de commercialisation de l’acte sexuel, ou l’accomplissement d’actes sexuels à des fins de subsistance. Il existe peu d’outils validés et fiables permettant d’évaluer l’incidence et la prévalence du TSIM, tant et si bien que cette véritable épidémie sévit pour ainsi dire à l’insu de la société américaine. Si l’on en juge par les rapports d’arrestation, on a enregistré des cas de TSIM dans 50 États américains, et le tiers des cas de traite de personnes impliquent des mineurs. L’âge moyen auquel ces jeunes sont happés par la spirale du TSIM est de 11 à 14 ans.

À partir des données des 1re et 2e vagues de la National Survey of Child and Adolescent Well-Being (NSCAW II), les auteurs ont exploré les corrélations entre le TSIM et la prise en charge par la protection de la jeunesse. Ils ont posé à 814 mineurs âgés de 10 à 17 ans la question suivante : « Au cours des six derniers mois, avez-vous été payé pour avoir des relations sexuelles? ». Les jeunes qui répondaient par l’affirmative étaient admis à l’étude; ce fut le cas de 38 sujets (4,7 %).

On a comparé les jeunes impliqués dans le TSIM à ceux qui ne l’étaient pas afin de mettre au jour des différences entre les deux groupes. On n’a pas observé de différence au chapitre du sexe; il y avait, dans les deux groupes, un peu plus de jeunes filles que de jeunes hommes. Plus précisément, le groupe TSIM comptait 54 % de femmes et 46 % d’hommes, alors que le groupe libre de TSIM comptait 60 % de femmes et 40 % d’hommes. De même, les différences relatives à la race étaient inexistantes entre les groupes. En ce qui a trait aux troubles externalisés du comportement, les sujets les plus âgés de la population TSIM étaient davantage susceptibles d’obtenir un résultat supérieur au seuil clinique à un test de dépistage de la toxicomanie, l’écart s’étant établi à 38 %. Enfin, les jeunes soumis au TSIM risquaient davantage de fuguer et ont obtenu un score CBCL (Child Behavior Checklist [Inventaire des comportements de l’enfant]) 10 points plus élevé que celui des autres sujets.

Les services de protection de la jeunesse doivent s’attaquer aux problèmes de permanence et d’attachement que vivent les enfants et les adolescents qui leur sont confiés. Par ailleurs, le milieu de vie des jeunes en établissement doit être différent de celui où ils ont vécu un traumatisme et répondre, dans une perspective holistique, à l’ensemble de leurs besoins.

Methodological notes: 

La question restrictive posée aux jeunes et déterminant leur appartenance à la catégorie TSIM constitue une importante lacune de cette étude. On aurait pu poser une question plus générale, par exemple : « Vous êtes-vous déjà livré à des activités sexuelles pour de l’argent ou un avantage matériel quelconque, ou pour faire plaisir à quelqu’un? ».