Ce que les jeunes veulent savoir

Comment savoir si je suis véritablement victime de négligence ou de mauvais traitements? 
Qu’est-ce que la violence et la négligence à l’égard des enfants? 
Qu’adviendra-t-il de moi et des personnes touchées dans mon entourage si je dénonce les mauvais traitements dont je suis victime?
Si je dénonce les mauvais traitements que je subis, serai-je obligé de quitter ma famille?
Quels sont mes droits si je suis pris en charge par les services de protection de l’enfance?
Existe-t-il des programmes de counselling pour m’aider si j’ai été victime de violence ou de mauvais traitements?
Que dois-je faire si le problème que j’ai signalé ne se résout pas?
Que puis-je faire si je ne veux pas qu’on sache à l’école que j’ai été placé en famille d’accueil?
Comment saurais-je si les gens à qui je suis éventuellement confié sont de bonnes personnes?
Si je suis placé en famille d’accueil, aurais-je le droit de conserver mes effets personnels?
À qui puis-je m’adresser si je ne suis pas heureux chez les gens qui prennent soin de moi?
Y a-t-il un âge limite pour obtenir de l’aide si je suis victime de mauvais traitements?

 FAQs



Comment savoir si je suis véritablement victime de négligence ou de mauvais traitements? Mon problème est-il assez grave pour que j’en parle?

L’important, c’est ce que tu ressens et sache que tout problème, quelle que soit son importance, mérite qu’on s’y attarde. Lorsqu’ils travaillent avec des jeunes, les travailleurs sociaux (ou intervenants en protection de l’enfance) cherchent tout d’abord à établir si l’enfant se sent en sécurité. Si certains aspects de ta vie font en sorte que tu ne te sens pas en sécurité, parles-en à un adulte dans lequel tu as confiance, comme ton enseignant, une personne de ta famille, un médecin ou un voisin. Tu peux aussi t’adresser à la police, aux services de protection de l’enfance de ta communauté ou à Jeunesse, J’écoute (1 800 668 6868). En cas d’urgence, appelle le 911. Il faut que tu parles de ce que tu vis à quelqu’un pour recevoir de l’aide.

La violence contre les enfants peut se manifester de différentes façons : elle peut être sexuelle, psychologique ou physique. La négligence est également une forme de mauvais traitement, tout comme le fait d’être rendu témoin d’actes de violence familiale, des parents qui se lancent de la vaisselle par exemple. L’agresseur n’est pas toujours un adulte, parfois c’est un frère ou une sœur, un cousin ou un voisin. Pour en savoir davantage sur les différentes formes de violence exercée contre les enfants, reporte-toi à la rubrique intitulée « Qu’est-ce que la violence et la négligence à l’égard des enfants? ».  

 

Qu’est-ce que la violence et la négligence à l’égard des enfants?*  

Il y a violence à l'égard d'un enfant lorsque son père, sa mère ou la personne qui en est responsable ou lui prodigue des soins le maltraite et le néglige au point où il peut subir les conséquences suivantes :

  • des blessures,
  • d'importants dommages affectifs ou psychologiques,
  • ou s’exposer à des risques élevés de préjudices.

La violence envers les enfants revêt différentes formes.

La violence physique se définit comme l'application délibérée à un enfant, sur quelque partie du corps que ce soit, d'une force physique qui cause ou peut causer des blessures. Il peut s’agir d’un incident isolé ou d’un incident répété qui s’inscrit dans une dynamique de violence systématique. La violence physique s’entend également des actes de brutalité infligés à l’enfant, notamment les suivants :

  • le secouer,
  • le faire suffoquer,
  • le mordre,
  • lui donner des coups de pied,
  • lui infliger des brûlures,
  • l'empoisonner,
  • l'immerger de force dans l'eau,
  • ou tout autre usage de la force ou exercice de contrainte pouvant causer du tort à l'enfant ou le mettre en danger.

Chez l’enfant, l’agression sexuelle consiste :

  • être utilisé à des fins sexuelles par un adulte qui en prend soin, un adolescent ou un autre enfant;
  • être exposé à une activité ou à un comportement de nature sexuelle;
  • souvent à subir des attouchements;
  • et parfois à être invité à toucher son agresseur sexuellement ou à se laisser toucher par lui.

D’autres comportements entrant dans la catégorie des agressions sexuelles comprennent l’imposition de rapports sexuels avec un enfant, la prostitution juvénile et la pornographie juvénile (utilisation d’images de l’enfant à des fins d’exploitation sexuelle). L'agression sexuelle s'accompagne souvent de souffrances psychologiques ou d'autre forme de mauvais traitements. 

Il y a négligence lorsque les parents ou les personnes qui prennent soin de l'enfant ne satisfont pas à ses besoins primaires. L’abandon est une forme de négligence, tout comme le fait de ne pas répondre adéquatement aux besoins physiques de l’enfant : se nourrir, se vêtir, se loger, assurer son hygiène, recevoir des soins médicaux et dentaires, et assurer sa protection physique.

La violence psychologique est une atteinte au sentiment de valeur personnelle de l'enfant. Habituellement, elle est perpétrée par des parents qui maltraitent leur enfant depuis longtemps et elle s'inscrit souvent sur un fond de tension familiale. La violence psychologique s'accompagne fréquemment d'autres types de mauvais traitements. Les insultes, les humiliations et les rejets constants, de même que les allusions répétées à la « stupidité » de l'enfant ou à sa « mauvaise » nature peuvent miner son sentiment de valeur personnelle et sa confiance en lui.

On range également dans la violence psychologique l'isolement social imposé à l’enfant, son exploitation, les actes visant à le terroriser ainsi que les demandes excessives réitérées à son endroit.

Dans certaines provinces canadiennes, le fait qu’un enfant soit exposé à des querelles violentes entre ses parents ou d’autres adultes (violence conjugale) est identifié à de la violence psychologique.

*Les réponses à ces questions sont extraites du site du gouvernement du Centre national d’information sur la violence dans la famille. Pour une vue plus complète de la question, cliquez sur le lien suivant : www.phac-aspc.gc.ca/ncfv-cnivf/violencefamiliale/html/nfntsnegl_f.html.



Qu’adviendra-t-il de moi et des personnes touchées dans mon entourage si je dénonce les mauvais traitements dont je suis victime?

Si tu téléphones à un travailleur en protection de l’enfance, il pourra te diriger, ainsi que ta famille, vers les ressources pouvant t’aider dans ta communauté. La suite des événements dépend de plusieurs facteurs, notamment de ton âge, de la raison de ton appel et, le cas échéant, des antécédents de ta famille avec les services de protection de l’enfance. Assurer ta sécurité demeure en tout temps l’objectif prioritaire des services de protection de l’enfance. Pour cette raison, s’il a des raisons de craindre pour ta sécurité, le travailleur auquel tu t’es adressé s’entretiendra séparément avec toi et avec ta famille pour voir si tu peux continuer d’habiter chez toi sans risque. 

 

Si je dénonce les mauvais traitements que je subis, serai-je obligé de quitter ma famille?

La première préoccupation des travailleurs sociaux est de s’assurer que tu es en sécurité chez toi. La plupart du temps, les enfants dans ta situation peuvent demeurer à la maison, tandis que les services sociaux rencontrent leurs parents ou leurs gardiens. Si ta sécurité est menacée et que tu dois partir de la maison, on essaiera de tenir compte de ton avis. Dans bien des cas, l’idéal est de trouver temporairement refuge chez un parent ou un ami de la famille.


 

Quels sont mes droits si je suis pris en charge par les services de protection de l’enfance?

Si tu es pris en charge par une agence de protection de l’enfance, voici quels seront tes droits* :

  • le droit de prendre part aux décisions importantes te concernant,
  • le droit à la protection de ta vie privée;
  • le droit de rendre visite à ta famille, à moins qu’un juge, ou dans certains cas, un travailleur en protection de l’enfance, ne considère que cela n’est pas souhaitable pour toi;
  • le droit de recevoir de bons soins, c’est-à-dire d’être bien nourri, de recevoir une éducation, de recevoir des soins médicaux et dentaires régulièrement, d’avoir des vêtements adéquats et d’avoir des loisirs après l’école;
  • le droit de ne pas être victime de violence physique ou de châtiments corporels, et de ne pas subir de violence psychologique, sexuelle ou verbale;
  • le droit de pratiquer ta religion et de recevoir un enseignement religieux;
  • le droit de participer à des activités qui revêtent de l’importance pour ton épanouissement culturel et l’appartenance à ton patrimoine;
  • le droit au respect de ta personne, y compris de tes capacités, de ton orientation sexuelle, et de ton identité sexuelle.

* Tu dois savoir que les droits des enfants peuvent varier d’une province ou d’un territoire à un autre. Selon l’endroit où tu habites, il se peut que tu ne possèdes pas tous les droits ci-dessus, mais tu disposeras quand même d’un grand nombre d’entre eux. Dans plusieurs provinces et territoires, tu pourras en outre t’adresser au Protecteur des enfants pour en savoir plus au sujet de tes droits. Cliquez ici pour avoir la liste des services offerts dans ta province ou sur ton territoire.


 

Existe-t-il des programmes de counselling pour m’aider si j’ai été victime de violence ou de mauvais traitements?

Si tu as été victime de violence ou de mauvais traitements, sache que tu peux obtenir de l’aide. Pour en savoir davantage au sujet de l’aide à ta disposition, téléphone au bureau de protection de l’enfance de ta localité ou téléphone à la ligne Jeunesse, J’écoute (1-800-668-6868). Dans nombre de communautés, il existe des programmes spéciaux s’adressant à différentes clientèles culturelles.

 

Que dois-je faire si le problème que j’ai signalé ne se résout pas?

Il vaut mieux que tu recommences ta démarche. Il est vrai que raconter de nouveau ton histoire peut être éprouvant pour toi, mais il est vital que tu continues d’en parler pour que les choses puissent s’arranger. Confie-toi à un adulte en qui tu as confiance, un enseignant, un parent ou un voisin. Tu peux aussi t’adresser à la police ou à l’organisme Jeunesse, J’écoute (1 800-668-6868), ou téléphoner aux services de protection de l’enfance de ta communauté. Il faut que tu saches aussi qu’en vertu de la loi, toute personne ayant connaissance qu’un enfant est victime de mauvais traitements ou qui a des soupçons de cette nature est tenue de le signaler. Cette obligation est double pour les professionnels qui travaillent avec les enfants, comme les médecins, les enseignants et les policiers. 


 

Que puis-je faire si je ne veux pas qu’on sache à l’école que j’ai été placé en famille d’accueil?

Tu as parfaitement le droit de conserver le silence sur ta vie privée. Même si pour des raisons pratiques nous devons informer le directeur de ton école et ton enseignant que tu as déménagé dans un foyer d’accueil, ils n’en connaîtront pas le motif. Le travailleur social responsable de ton dossier et tes parents d’accueil discuteront avec toi pour savoir ce que tu souhaites dire aux gens. Pour simplifier les choses, certains enfants placés en foyer d’accueil appellent les personnes qui s’occupent d’eux « oncle » ou « tante ». L’important pour les personnes qui s’occupent de toi, c’est que tu sois à l’aise dans ta nouvelle situation et que tu ne te sentes pas embarrassé ni obligé de t’isoler de tes amis; ces personnes te consulteront donc pour t’épargner le plus de tracas possible.

 

Comment saurais-je si les gens à qui je suis éventuellement confié sont de bonnes personnes?

L’une de responsabilités des services de protection de l’enfance est de recruter des personnes fiables pour servir de parents d’accueil. Ces personnes possèdent habituellement une solide expérience du métier de parent. De plus, lorsque ces personnes sont officiellement choisies, elles doivent suivre une formation spéciale, réussir une attestation de compétence et respecter des lignes directrices visant à garantir que leur foyer est un endroit sécuritaire où les enfants qui leur sont confiés trouveront de bons soins. Chaque famille d’accueil est en outre jumelée à un travailleur social qui veille à conseiller les parents et à les soutenir dans la prestation des soins aux enfants. Ainsi, si tu es placé en foyer d’accueil, tu peux avoir la certitude que celui-ci répondra à des critères élevés posés par les services de protection de l’enfance et que tes parents d’accueil et les responsables des services de protection de l’enfance partagent la responsabilité de s’assurer que les lignes directrices en vigueur sont respectées.


 

Si je suis placé en famille d’accueil, aurais-je le droit de conserver mes effets personnels?

Les travailleurs sociaux prennent toutes les précautions nécessaires pour faciliter la transition des enfants qui doivent être pris en charge par les services de protection. Ils s’efforceront d’en apprendre le plus possible à ton sujet pour connaître les aliments que tu préfères, tes activités et tes passe-temps favoris ainsi que toute allergie ou tout problème de santé dont tu souffres, pour pouvoir en informer les gens qui prendront soin de toi. Ils s’efforceront également de prendre tous les objets qui comptent pour toi. La plupart du temps, tu seras en mesure d’apporter tes vêtements ainsi que des objets auxquels tu tiens beaucoup, comme ta bicyclette ou ton jouet préféré. 

 

À qui puis-je m’adresser si je ne suis pas heureux chez les gens qui prennent soin de moi?

Si tu es placé en foyer d’accueil, il y aura toujours un travailleur social qui veillera sur toi. Si tu n’es pas heureux à l’endroit où tu vis, tu peux te confier à cette personne. Si toutefois tu as l’impression que ton travailleur social ne t’aide pas suffisamment, tu peux parler à son superviseur. Si pour quelque raison que ce soit, tu n’es pas à l’aise de parler à ton travailleur social ou à son superviseur, tu peux t’adresser au Protecteur des enfants de ta province ou de ton territoire. Cette personne n’existe pas dans toutes les provinces, mais en cliquant ici, tu obtiendras la liste de toutes les personnes ressources dans ta région. 


 

Y a-t-il un âge limite pour obtenir de l’aide si je suis victime de mauvais traitements?

Il n’y a pas de minimum, mais il existe un âge limite. Celui-ci, qu’on appelle souvent « âge de protection », varie d’une province ou d’un territoire à l’autre. Tu trouveras dans le tableau ci-dessous l’âge limite établi dans chaque province ou territoire pour être admissible aux services de protection de l’enfance.

Province ou territoire
Âge limite d’admissibilité aux fins de la protection de l’enfance

 Terre-Neuve-et-Labrador

moins de 16 ans

 Île-du-Prince-Édouard

 moins de 16 ans

 Nouvelle-Écosse

moins de  16 ans

 Nouveau-Brunswick

 moins de 16 ans

 Québec

 moins de 18 ans

 Ontario

 moins de 16 ans

 Manitoba

 moins de 18 ans

 Saskatchewan

 moins de 16 ans 

 Alberta

 moins de 18 ans

 Colombie-Britannique

 moins de 19 ans

 Yukon

 moins de 19 ans

 Territoires du Nord-Ouest

 moins de 16 ans

 Nunavut

 moins de 16 ans

 * Note : Les enfants aux prises avec des déficiences sont éligibles à recevoir des services jusqu'à l'âge de 19 ans.