Expériences des parents vis-à-vis le système de justice canadienne lors de cas d’abus sexuels envers les enfants

Date de publication: 
01/20/2011
Source: 

Alaggia, R., Lambert, E., & Regehr, C. (2009). Where is the justice? Parental experiences of the Canadian justice system in cases of child sexual abuse. Family Court Review, 47(4), 634-649.

Revu par: 
Pamela Weightman
Résumé: 

La violence sexuelle à l’endroit des enfants (VSE) est un problème grave qui est source de beaucoup de détresse chez la victime. Les démêlés judiciaire sont une des ces sources. La présente étude qualitative est basée sur une méthodologie à base empirique. Elle se penche sur les expériences vécues par les parents qui ont eu affaire à l’appareil judiciaire en matière de VSE, un domaine sous-étudié puisque la majorité des recherches sont centrées sur la victime. Il est important de souligner que cette recherche a été effectuée après les réformes législatives visant à faciliter les poursuites dans les cas de VSE et à améliorer la façon dont la victime vit le processus.

Les chercheurs ont mené 19 entrevues semi-structurées avec les parents d’enfants victimes de violence sexuelle qui ont eu affaire au système judiciaire ainsi qu’avec les professionnels œuvrant au sein du système dans un grand centre urbain situé en Ontario au Canada. La majorité des parents interviewés étaient des mères, deux étaient des pères et les deux parents ont participé à deux des entrevues. Les résultats indiquent que les parents ont eu l’impression de subir une perte de contrôle tout long du processus, arguant que dès le signalement de la violence aux autorités, la décision de faire intervenir la justice leur échappait. Les parents se sont également sentis frustrés par l’absence d’information sur le processus judiciaire et la longueur du procès. Les résultats indiquent également que les parents ont dû faire face aux incohérences du système judiciaire. Ils ont eu l’impression que les enfants étaient traités comme des adultes; ils ont été insatisfaits du sort réservé aux auteurs et ont déclaré que l’appareil judiciaire n’apportait aucun avantage thérapeutique à l’enfant ou à la famille.

De plus, les auteurs n’ont pas trouvé de différences significatives entre les parents qui ont eu affaire au tribunal adapté aux enfants et ceux qui ont eu affaire à un tribunal régulier en ce qui a trait à leur expérience. Une des raisons serait que bien que les enfants aient accès à des moyens facilitant la preuve comme des témoignages enregistrés sur bande vidéo, ils ne les utilisent pas souvent.

Notes méthodologiques: 

The authors used four key professional informants to identify potential study participants. The key informants, who were also interviewed, included two Crown Attorneys, one child victim advocate, and one police officer. The in-depth, semi-structured interviews were audio-taped, transcribed, coded by two research team members and analyzed using N’Vivo, all of which reduces researcher bias. Credibility of these data is increased by the authors’ prolonged engagement in this field reflected in over 45 years of combined experience in the areas of CSA and forensic social work as well as by persistent observation. Persistent observation was achieved through extensive contact with the participants, a detailed account gathered through the long interview method, and court observations. Reflexivity and peer debriefing were used to explore various interpretations of the findings.