Le modèle de sous-traitance totale des services de protection de l’enfance à la collectivité semble plus efficace que le modèle hybride de sous-traitance géré par l’État en Floride

Date de publication: 
11/20/2012
Source: 

Lamothe, M. (2011).  Redesigning the Hollow State: A Study of Florida Child Welfare Service Reform through the Lens of Principal-Agent Theory, International Journal of Public Administration, 34, 497–515.

Revu par: 
Nico Trocmé
Résumé: 

La sous-traitance des services de protection de l’enfance à une tierce partie est de plus en plus répandue au Canada. Même si les fournisseurs concernés, qui sont souvent de petits organismes communautaires sans but lucratif, sont parfois mieux placés pour tirer parti des ressources communautaires et adapter les programmes aux besoins particuliers des enfants et de leur famille, il faut faire preuve de prudence par rapport aux mécanismes de sous-traitance qui permettent aux administrateurs du gouvernement de veiller à la qualité des services et de contrôler les coûts. Dans son étude sur la réforme des services de protection de l’enfance en Floride, Meeyoung Lamothe examine les difficultés d’harmonisation des priorités de l’administration gouvernementale et des fournisseurs de services à contrat à partir de la théorie de l’agent (organismes sous-traitants) principal (gouvernement). L’auteur se base sur une série d’entrevues avec des informateurs clés et sur l’analyse de documents gouvernementaux et décrit la transition qu’a effectuée la Floride entre un modèle de prestation de services où l’organisme de protection de l’enfance géré par le gouvernement administre les cas, mais soustraite la plupart des services à une centaine de sous-traitants et un modèle où la responsabilité de gestion des cas a été transférée à 22 « organismes responsables » qui offrent certains services directement et en sous-traitent d’autres.

Les administrateurs de l’État et des organismes interviewés pour l’étude trouvent généralement la transition réussie. Le processus de sous-traitance précédent a été perçu comme un compromis fragmenté entre un modèle géré par l’État et un autre dirigé par un organisme où l’État reste responsable des résultats et où les contrats de service sont axés sur la conformité et les processus. En déléguant la plus grande partie de l’autorité et des fonctions de l’État à un petit nombre d’organismes communautaires sans but lucratif, les administrateurs de l’État et des organismes ont remarqué que les liens hiérarchiques étaient recentrés sur les résultats des services, accordant ainsi plus de souplesse aux organismes responsables pour mettre au point leurs propres modèles de programmes. L’étude révèle quelques conséquences involontaires; par exemple, en plus de déléguer plus d’autorité aux organismes responsables, la réforme insiste aussi sur la participation accrue de la collectivité, ce qui a entraîné des préoccupations « paroissiales » inattendues et entravé la possibilité d’établir des politiques à l’échelle de tout l’État. Fait intéressant à noter, selon la perspective canadienne, le modèle floridien ressemble beaucoup au modèle d’organisation déléguée qui est en place depuis plus d’un siècle dans plusieurs territoires de compétences au pays.

Notes méthodologiques: 

Semi-structured interviews with senior state administrators and administrators in six of the 22 lead agencies were conducted by the author or her co-investigator. State reports, contracts and agency planning documents were also reviewed. The study did not attempt to assess the impact of reforms through analysis of caseload statistics, nor were clients or community service providers interviewed.