Surreprésentation des enfants autochtones placés : effets des variables relatives à l’organisme de protection

Date de publication: 
11/04/2015
Source: 

Fallon, B., Chabot, M., Fluke, J., Blackstock, C., Sinha, V., Allan, K., et MacLaurin, B. (2015). Exploring alternate specifications to explain agency-level effects in placement decisions regarding Aboriginal children: Further analysis of the Canadian Incidence Study of Reported Child Abuse and Neglect Part C. Child Abuse & Neglect. http://doi.org/10.1016/j.chiabu.2015.04.012

Revu par: 
Sydney Duder
Résumé: 

Les données de l’Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI) indiquent une surreprésentation des enfants autochtones placés. La présente étude examine les effets des variables attribuables aux organismes de protection en ce qui a trait à la surreprésentation. Une des variables explicatives constantes trouvées dans des études antérieures est la proportion des enquêtes effectuées par un organisme s’occupant d’enfants autochtones. La présente étude constitue une nouvelle exploration de la relation. Elle est basée sur les variables organisationnelles tirées de l’ECI-2008 qui étaient jusqu’à présent inaccessibles.

L’analyse est fondée sur un sous-échantillon de 1710 enquêtes pour violence corroborées entreprises par les services continus de protection de l’enfance. La variable des résultats était le placement à l’issue de l’enquête initiale. Les variables explicatives possibles suivantes ont été prises en compte; quatre d’entre elles, présentées en italique, ont été jugées statistiquement très significatives :

Quatre variables relatives aux cas : Le préjudice physique; préjudice mental/émotionnel; l’origine ethnique; la coopération du donneur de soins.

Sept variables organisationnelles : >45 % des enquêtes concernent des enfants autochtones; organisme géré par le gouvernement contre organisme géré par la communauté; gamme de services contre protection des enfants seulement; réponse différentielle; processus d’évaluation indépendant; organisme situé dans une réserve; éloignement géographique.

Conformément aux conclusions antérieures, le risque de placement d’un enfant autochtone est significativement plus élevé dans les organismes desservant de grandes proportions d’enfants autochtones. Ici, les auteurs supposent que la proportion des enquêtes sur les Autochtones peut être un indicateur du manque de services et de ressources dans les organismes autochtones de protection de l’enfance. La deuxième variable organisationnelle est nouvelle; le risque de placement est plus élevé lorsque le cas est traité par un organisme gouvernemental que lorsqu’il l’est par un organisme communautaire. Les auteurs concluent qu’une analyse plus poussée est nécessaire pour bien comprendre les variables relatives à l’organisation.  

Notes méthodologiques: 

Toutes les variables sont binaires. Les méthodes statistiques utilisées pour l’analyse de données – régression logistique multiniveaux (logiciel MPlus), avec imputation multiple pour corriger le biais attribuable au manque de données – semblent raisonnables. Les problèmes concernent le choix des variables.

Variables relatives aux cas : Dans les études antérieures des données de l’ECI-2008, les facteurs de risque socio-économiques étaient des variables explicatives significatives du placement; les effets de la pauvreté et de la négligence sont mentionnés dans la discussion ici. Toutefois, dans cette étude, aucun des facteurs de risque n’a été inclus dans les variables relatives aux cas; cela pourrait affecter la signification dans le cas des variables organisationnelles.

Variables organisationnelles : Le résultat le plus utile serait une variable explicative significative de la surreprésentation, qui pourrait être modifiée pour réduire le problème; le pourcentage d’enquêtes autochtones effectuées ne comble pas lui-même ce besoin. Toutefois, si on pouvait démontrer que cette variable peut effectivement indiquer un manque de services et de ressources, cela serait très utile, car ces variables dépendent du financement de l’organisme et pourraient être ciblées dans le cadre de mesures correctives. Les auteurs discutent effectivement du financement insuffisant des organismes autochtones, mais sans faire de référence particulière aux catégories d’organismes dans leurs propres données. Comment les organismes communautaires analysés dans cette étude sont-ils financés? Le sous-financement fédéral des services de protection de l’enfance dans les réserves a été critiqué ailleurs; pourrait-il être un facteur en ce qui a trait à ces résultats? Il s’agit clairement d’un sujet important qui mérite une étude plus approfondie.