Maltraitance envers les enfants : l’effet significatif de la densité de population

Date de publication: 
07/12/2016
Source: 

Maguire-Jack, K., Lanier, P., Johnson-Motoyama, M., Welch, H., & Dineen, M. (2015). Geographic variation in racial disparities in child maltreatment: The influence of county poverty and population density. Child Abuse & Neglect, 47, 1-13.

Revu par: 
Sydney Duder
Résumé: 

Il est amplement prouvé qu’aux États-Unis, les enfants noirs sont surreprésentés dans le système de protection de l’enfance. Les raisons possibles – biais systématiques ou facteurs de risques socioéconomiques – ont été étudiées. Les données actuelles indiquent que la discrimination entraîne des désavantages d’ordre économique importants pour les familles noires. La pauvreté, tant celle de la famille que de la communauté, augmente le risque de maltraitance.

La présente étude élargit l’analyse et intègre une variable communautaire supplémentaire, la densité de la population, selon une échelle de 9 points allant de 1 = zone métropolitaine (≥ millions) à 9 = milieu rural (≤ 2500). Les chercheurs ont comparé les relations entre la densité de population, la pauvreté et la maltraitance des enfants blancs, noirs et hispaniques en utilisant des données américaines nationales et en prenant le comté comme unité d’analyse. Les variables des résultats étaient les taux de disparité (TD) – les taux de pauvreté et de maltraitance envers les enfants noirs et hispaniques ont été divisés par les taux correspondants chez les enfants blancs; des TD plus élevés de maltraitance indiquaient une surreprésentation plus marquée. Les principales conclusions sont les suivantes :

• Il existe une corrélation très significative entre les TD de la maltraitance et les TD de la pauvreté pour les deux groupes minoritaires.

• Il y a une relation curvilinéaire entre les TD de la pauvreté, de la maltraitance et la densité de population; les taux sont plus élevés pour les comtés situés en zone métropolitaine et plus faibles pour les comtés de banlieue, et on observe une légère hausse pour les comtés ruraux.

• Les modèles de TD en ce qui concerne la maltraitance chez les deux groupes ethniques sont différents; les TD des Noirs sont plus élevés en zone métropolitaine et ceux des Hispaniques sont plus élevés en milieu rural. Dans les banlieues, les TD des Hispaniques chutent en dessous de 1,00, ce qui suggère des taux de maltraitance encore plus faibles que pour les enfants blancs.

• Cette différence ethnique se reflète dans les analyses de régression multivariée. La pauvreté et la densité de population sont des variables explicatives significatives des TD de la maltraitance pour les deux groupes ethniques, mais pour les Hispaniques, la corrélation avec la densité de la population est négative.

Les auteurs suggèrent plusieurs explications possibles concernant l’influence de la zone géographique sur ces disparités relatives à la maltraitance. Ils soutiennent que la recherche future doit se pencher sur les mécanismes qui sous-tendent les interactions réelles entre le quartier et la pauvreté individuelle, et que les décideurs politiques doivent accorder la priorité aux programmes visant à réduire la pauvreté.

Notes méthodologiques: 

Les données ont été obtenues en reliant diverses sources, en utilisant le Federal Information Processing Standard (FIPS) : le fichier du NCANDS sur les enfants (2011); le National Center for Health Statistics (2014) [Centre national des statistiques sur la santé] et le US Census American Community Survey (2008-2012) [Enquête communautaire américaine dans le cadre du recensement]. Les données sur la densité de la population provenaient du Codes Rural-Urban Continuum (RUCC) [codes de continuum rural-urbain] du Département américain de l’Agriculture (2013).

Les auteurs mentionnent plusieurs limites; d’une part, la catégorie Hispaniques dans les données du NCANDS rassemble un groupe ethniquement et culturellement diversifié, ce qui constitue peut-être un facteur expliquant l’effet contraire de la densité de population. Cependant, l’approche méthodologique utilisée ici semble avoir été exceptionnellement complexe et laborieuse. Par exemple : les chercheurs ont utilisé l’analyse spatiale pour explorer l’effet de la situation géographique; des tests de sensibilité ont été effectués pour examiner l’effet de différents points de découpage pour le nombre d’individus d’une race déterminée dans chaque comté; les résultats relatifs au comté ont été reproduits en utilisant des données regroupées à l’échelle de l’État et du pays; les chercheurs ont utilisé une cartographie descriptive exploratoire pour examiner la répartition des TD aux États-Unis. Tous ces éléments tendent à soutenir la validité des résultats rapportés.