L’utilisation (bonne ou mauvaise) du soutien formel et informel par les jeunes pris en charge pendant la transition vers l’âge adulte

Date de publication: 
09/06/2016
Source: 

Singer, R.E., Cosner Berzin, S. & Hokanson, K. (2013). Voices of former foster youth: Supportive relationships in the transition to adulthood. Children and Youth Services Review, 35, 2110-2117.

Revu par: 
Melanie Doucet
Résumé: 

Cette étude porte sur la façon dont les jeunes qui ont été placés en famille d’accueil conceptualisent et utilisent les réseaux relationnels informels et formels qu’ils ont bâtis pendant leur placement, ainsi que les formes de soutien fourni par les membres de ces réseaux à mesure que les jeunes cessent d’être pris en charge en raison de leur âge. Les chercheurs se sont basés sur l’approche tirée de la théorie du convoi social et ont utilisé une méthode de recherche qualitative consistant à demander aux participants de dresser la carte de leur réseau pour identifier les personnes qu’ils comptaient dans leurs cercles sociaux intérieurs, intermédiaires et extérieurs. Les auteurs affirment que cet outil de recherche qualitative peut être particulièrement puissant pour les jeunes ayant été placés parce qu’il leur fournit un cadre plus large pour définir leur réseau non traditionnel de soutien.

Les auteurs ont utilisé une méthodologie de recherche qualitative consensuelle (RQC) pour procéder à des analyses de cas individuelles et à des analyses comparatives des cas et déterminer des thèmes et des schémas à partir d’entrevues avec les 18 participants. Les jeunes répondants étaient âgés de 18 à 21 ans et faisaient partie des programmes de soutien communautaire destinés aux jeunes qui s’apprêtent à obtenir leur émancipation ou qui ont récemment quitté le système de placement aux États-Unis. Les auteurs ont constaté que bien que les jeunes aient déclaré avoir un grand réseau composé de personnes offrant du soutien formel et informel, les formes de soutien offert par les membres informels comportaient des lacunes, en particulier en ce qui a trait au soutien fondamental (ex. pécuniaire, temps passé ensemble) et relatif à l’appréciation (ex. rétroaction évaluative). Les jeunes se fiaient également énormément aux anciens systèmes de soutien officiel, qui sont de nature temporaire. Cela peut indiquer qu’ils ont une perception irréaliste de leur réseau de soutien et un manque de connaissances ou d’expérience qui leur permettraient de bâtir des relations saines, permanentes et fiables. Les auteurs suggèrent que les jeunes peuvent connaître des difficultés lorsqu’ils deviennent adultes et que ces difficultés ne sont pas attribuables à une absence de membres dans leur réseau, mais plutôt à une mauvaise utilisation des ressources accessibles et à une surestimation de la qualité de leur réseau de soutien.

Les auteurs soulignent que leurs résultats plaident en faveur d’un changement dans le système de protection de l’enfance, qui axe ses actions sur l’indépendance plutôt que sur l’interdépendance. En raison de l’importance que les jeunes accordent aux réseaux formels et informels, les auteurs recommandent d’élargir les soutiens formels, d’y inclure des services qui seraient offerts après la fin de la prise en charge, et de demander aux travailleurs sociaux d’être transparents quant à la nature temporaire de leur relation. Ils préconisent également de bâtir, d’entretenir et d’utiliser correctement les réseaux informels, parce que ces relations peuvent servir de pont vers un soutien adéquat lorsque les jeunes quittent le système officiel au moment où ils deviennent adultes. Les auteurs concluent que d’autres études longitudinales sont nécessaires pour approfondir notre compréhension du rôle important des réseaux et des soutiens relationnels dans la vie des jeunes qui quittent le système de placement familial lorsqu’ils deviennent adultes, et qu’on devrait se concentrer aussi sur l’intégration des adultes et des pairs. 

Notes méthodologiques: 

Les chercheurs se sont basés sur une méthodologie relative à la recherche qualitative tirée de la théorie du convoi social consistant à demander aux participants de dresser la carte de leur réseau afin d’identifier les personnes qu’ils comptaient dans leurs cercles sociaux intérieurs, intermédiaires et extérieurs. Les auteurs affirment que cet outil de recherche qualitative peut être particulièrement puissant pour les jeunes ayant été placés parce qu’il leur fournit un cadre plus large pour définir leur réseau de soutien non traditionnel. Il est important de souligner que l’échantillon comprenait plus de sujets masculins (n = 14) que de sujets féminins (n = 4) et seulement des jeunes liés aux services de soutien à la transition. Les auteurs ont été incapables de tenir compte du biais systématique des réponses dans l’exercice consistant à faire un graphique de son réseau.