Des modèles d'attachement sécurisants démontrés pour plusieurs mères adolescentes et leur nourrisson

Date de publication: 
04/16/2009
Source: 

Emery, J., Paquette, D. & Bigras, M. (2008). Factors predicting attachment patterns in infants of adolescent mothers. Journal of Family Studies, 14, 65-90.

Revu par: 
Jonathan D. Schmidt
Résumé: 

La maternité à l'adolescente est associée à des problèmes comme un faible degré d'auto-efficacité, une méconnaissance du développement de l'enfant, une augmentation du stress et de la dépression et des modèles d'attachement insécurisant et désorganisé. Les enfants dont l'attachement est insécurisant ou désorganisé risquent de connaître plusieurs problèmes : les premiers de faibles habilités sociales et de l'agressivité, et les deuxièmes une plus grande probabilité de maladie mentale et de comportements externalisants. Les chercheurs ont découvert que les mères adolescentes étaient moins communicatives, plus irritables et contrôlantes que les mères adultes. Ces modèles suggèrent un potentiel de prise en charge et d'interventions par les services de protection de l'enfance, mais il faut faire preuve de prudence avant de généraliser, parce que les problèmes associés à la maternité à l'adolescence peuvent être causés, ou tout du moins exacerbées, par la stigmatisation et la marginalisation.

Cette recherche longitudinale cherchait à déterminer les facteurs qui prédisaient les modèles d'attachement mère-nourrisson pour un échantillon de 138 mères adolescentes auprès desquelles les services de protection de l'enfance n'étaient pas intervenus. La plupart des relations d'attachement étaient de type sécurisant (59 %), mais la proportion des autres styles d'attachement était généralement semblable à ceux révélés par les autres études, c'est-à-dire désorganisés (26 %), résistant (5 %) et le nombre d'attachement de type évitant était inférieur à la normal (9 %). Les facteurs sociodémographiques n'étaient pas liés aux modèles d'attachement, sauf pour les années de scolarisation. Les mères dont le niveau de scolarité était plus élevé avaient plus tendance à avoir un modèle relationnel sécurisant que les autres. Le stress lié à la parentalité et la satisfaction par rapport au soutien social prédisaient un attachement sécurisant. Contrairement aux attentes, l'histoire maternelle de maltraitance pendant l'enfance, la sensibilité maternelle et le tempérament du nourrisson (selon les perceptions de la mère et de l'observateur) n'ont pas contribué à la prévision des modèles d'attachement. Les constellations de risques plus graves ne prédisaient pas le modèle d'attachement désorganisé. Les mères adolescentes qui déclaraient subir moins de stress et ressentir une plus grande satisfaction envers le soutien social étaient plus susceptibles d'avoir un attachement sécurisant avec leur nourrisson que les autres. La taille de l'effet de ces résultats étaient de petite à moyenne et peut être jugée significative sur le plan clinique, cependant, la plus grande partie de la variation relative aux modèles d'attachement reste inexpliquée.

Ces résultats montrent des résultats positifs pour la plupart des mères adolescentes, ce qui souligne le fait que la stigmatisation liée à la maternité à l'adolescence n'est pas justifiée. Cependant, les interventions visant le stress et le soutien social, et même peut-être les années de scolarisation peuvent faire une différence pour les mères adolescentes et leur nourrisson.

Notes méthodologiques: 

Le critère d'inclusion était la primiparité avant l'âge de 19 ans et le fait de vivre avec son bébé. Les chercheurs ont sélectionné 228 dyades mère-nourrisson par l'intermédiaire d'écoles spéciales et de maisons de groupe destinées aux mères adolescentes (74 ont abandonné pour diverses raisons et 16 ne correspondaient pas à un critère ou plus). Les mères étaient principalement caucassiennes (75 %), haïtiennes (9 %) et latino-américaines (8 %) et la plupart étaient nées au Canada (84 %). L'âge allait de 13,5 ans à 18,9 ans (M = 17, écart-type = 1); et elles avaient entre 6 et 12 ans de scolarité (M=9, écart-type =1,3). Les trois quarts étaient célibataires pendant la grossesse. Un tiers recevaient de l'aide sociale. Tous les nourrissons sont nés à terme et en bonne santé; il y a eu plus de filles (57,1 %) que de garçons (42,9 %). Les assistants de recherche ont rencontré les mères et les ont interviewées pendant la grossesse à 4, 10 et 15 mois pour remplir plusieurs instruments de recherche.

Les résultats de cette recherche ne peuvent pas être généralisés aux mères adolescentes prises en charge par les services de protection de l'enfance.