Probabilité de violence relativement aux fractures pendant l'enfance

Date de publication: 
07/02/2009
Source: 

Kemp, A. M., F. Dunstan, et al. (2008). Patterns of skeletal fractures in child abuse: Systematic review. British Medical Journal, 337(7674), 1-8.

Revu par: 
Michelle Ward, MD
Résumé: 

Les enfants souffrent souvent de fractures, mais seule une minorité d'entre elles sont attribuables des actes violents commis envers les enfants. Comment les cliniciens peuvent-ils identifier les fractures dues à la violence? Cette recension systématique de la littérature publiée cherchait à déterminer les caractéristiques propres aux fractures causées par la violence chez les jeunes enfants.

L'article portait sur trente-deux études. Les auteurs ont systématiquement recensé la littérature mondiale portant sur la comparaison entre les fractures attribuables à la violence et les autres. Les résultats démontrent qu'on retrouve les premières sur tous les os du corps et « qu'aucune fracture à elle seule ne permet de diagnostiquer la violence contre les enfants ». Cependant, la probabilité que les fractures de la cage thoracique soient attribuables à la violence est de 71 %, peu importe leur emplacement (antérieur, postérieur ou latéral). La probabilité de fractures de l'humérus (partie supérieure du bras) attribuables à la violence était de 48 % et était plus élevée chez les enfants âgés de moins de 15 mois que chez les autres. Les études rapportent un nombre plus élevé de fractures en spirales et obliques de l'humérus chez les enfants qui avaient des blessures dues à la violence. La probabilité qu'une fracture du fémur (partie supérieure de la jambe) soit attribuable à la violence était de 28 %, mais elle était plus élevée chez les enfants qui ne marchaient pas encore. Pour ce qui est de la fracture du fémur, aucun type particulier (p. ex., en spirale) et aucun emplacement ne permettaient d'indiquer l'existence d'un mécanisme de blessure violente ou non violente. Les données indiquent que les fractures du crâne sont les plus courantes chez les enfants de moins de trois ans, qu'elles soient ou non attribuables à la violence. Dans l'ensemble, la probabilité que cette fracture courante soit attribuable à la violence était de 30 % et les données ne rapportent pas systématiquement de caractéristiques qui permettraient de distinguer les deux groupes.

Cette recension confirme les rapports antérieurs démontrant que la plupart des fractures attribuables à la violence se produisent chez les nourrissons et les tout-petits (principalement de moins de 18 mois) et que la plupart de celles non attribuables à la violence ont lieu chez les enfants d'âge scolaire (surtout âgés de plus de cinq ans). La violence est une cause courante de fracture chez les très jeunes enfants. En effet, les fractures qui lui sont attribuables représentent de 25 à 56 % de toutes les fractures chez les enfants de moins d'un an. Cette étude démontre aussi qu'il y a un lien significatif entre les fractures multiples et la violence lorsqu'on ne constate pas de trouble de fragilité des os ni de traumatisme majeur non attribuable à la violence (p. ex., collision de véhicules à moteur).

Notes méthodologiques: 

Thirty-two studies were included for analysis after a systematic review of the world literature. This was completed by searching 14 science and social science databases, textbooks and conference proceedings, and identifying articles from other sources. Studies were included if they reported on the distribution of radiographically proven fractures in children less than 18 years of age and they compared fractures caused by physical abuse with those caused by non-abusive means. Fractures from motor vehicle collisions and surgery were excluded from analysis, as were articles which were not empirical studies or those with significant design flaws (e.g., bias, case attrition, confounding factors, incomplete ascertainment, inadequate definition for abuse). Articles were reviewed by 2 or more members of the Welsh Child Protection Systematic Review Group using standardized tools based on recommendations from the NHS Centre for Reviews and Dissemination. Where indicated, meta-analysis was used to generate probabilities of abuse for each bone. Studies were classified according to the certainty of abuse and non-abuse and a random effects model was used to account for the heterogeneity. Descriptive analysis of some features of fracture sites was also included.