43ème édition (Juin 2015)

Date de publication: 
06/06/2016

King, C., & Scott, K. (2014). Why are suspected cases of child maltreatment referred by educators so often unsubstantiated? Child Abuse & Neglect, 38(1), 1-10.

Les professionnels de l’éducation sont particulièrement bien placés pour signaler les cas de maltraitance des enfants en raison de la fréquence des contacts qu’ils ont avec eux et avec les parents. La nature souvent longitudinale de ce contact signifie que les éducateurs peuvent observer et signaler les cas chroniques de mauvais traitements ainsi que les incidents critiques. Les recherches antérieures indiquent que malgré la position privilégiée des éducateurs, le taux de signalements non corroborés qu’ils font aux services de protection de l’enfance est plus élevé que celui d’autres professionnels (par exemple les policiers, les médecins).

Les chercheurs de la présente étude ont effectué une analyse secondaire des données de l’Étude sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants 2013 (ECI-2003) afin de déterminer les caractéristiques qui pourraient expliquer ce taux de non-corroboration. Ils ont analysé 7725 enquêtes et ont constaté que les signalements des éducateurs représentaient environ 36 % de tous les signalements effectués aux services de protection de l’enfance par des professionnels. Les résultats indiquent que les préoccupations signalées par les éducateurs étaient beaucoup plus susceptibles de ne pas être corroborées que les signalements faits par d’autres professionnels pour toutes les formes de mauvais traitements (45,3 % c. 28,4 % respectivement). Même en tenant compte des facteurs de risque liés aux enfants, aux donneurs de soins et à la famille, les signalements effectués par les éducateurs étaient plus susceptibles d’être non corroborés que ceux effectués par d’autres professionnels. Une analyse plus approfondie des cas non corroborés a révélé que les éducateurs étaient plus susceptibles que les autres professionnels de signaler les cas de mauvais traitements chroniques et ceux ayant déjà été pris en charge par les services de protection de l’enfance, cependant, aucune différence n’a été constatée en ce qui concerne les cas impliquant des blessures. De plus, les chercheurs ont découvert que les éducateurs étaient plus susceptibles que d’autres professionnels de signaler des préoccupations concernant le fonctionnement des enfants, plutôt que des préoccupations relatives aux donneurs de soins et aux facteurs de risques démographiques. En revanche, les auteurs suggèrent que les facteurs de risque liés aux donneurs de soins et à l’environnement ont tendance à être des variables prédictives de corroboration plus solides.

 

Jud, A., Fluke, J., Alink, L., Allan, K., Fallon, B., Kindler, H. Lee, B., Mansell, J. & Van Puyenbroek, H. (2013). On the nature and scope of reported child maltreatment in high-income countries: Opportunities for improving the evidence base. Paediatrics and International Child Health, 33(4), 207-215.

Le présent article de synthèse porte sur la façon dont les pays à revenu élevé (Belgique, Canada, Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud, Suisse et États-Unis) recueillent et utilisent les données statistiques sur le bien-être des enfants pour servir de base aux politiques et à la pratique.

Les auteurs ont conclu que tous les pays examinés ont des données incomplètes ou inexactes, et donc n’ont aucun moyen de mettre en œuvre des pratiques de protection de l’enfance cohérentes reposant sur des données probantes. Plusieurs facteurs sous-tendent cette conclusion, dont des orientations différentes relatives au bien-être des enfants (c.-à-d., la protection de l’enfance en Amérique du Nord par rapport aux services à la famille sur le territoire continental européen), ainsi que les ressources consacrées à la mise en place de méthodes de collecte de données efficaces.

Les chercheurs ont également constaté que les enfants non blancs étaient surreprésentés dans les services de protection de l’enfance dans tous les pays où ces populations résident. Ils ont attribué ce fait à la fois à la pauvreté et aux préjugés. Plusieurs raisons expliquent la fragmentation des services, notamment le partage des responsabilités entre les ordres de gouvernements (national et provinces/territoires, comme au Canada) et les différences sous-culturelles (ex. Suisse et Belgique). Enfin, le pourcentage du PIB consacré à la protection sociale diffère selon les pays à revenu élevé examinés. En effet, il est de 30% en Belgique (le plus élevé), de 19,4 % (États-Unis), de 18,2 % (Canada) et de 9,3 % (Corée du Sud), ces trois derniers ayant le plus faible taux de tous.