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Surreprésentation des enfants des Premières Nations en protection de l’enfance : les familles ont besoin de plus de soutien pour les aider à lutter contre les facteurs de risques socioéconomiques

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Résumé

La surreprésentation des enfants autochtones dans le système de la protection de l'enfance est bien documentée. La présente analyse fait partie des efforts visant à discerner les facteurs qui y contribuent. Elle est basée sur des données provenant de la composante Premières Nations de l’Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI-PN 2008). Cette étude commence par l’analyse de la surreprésentation au moment du premier signalement donnant lieu à une enquête, contrairement aux précédentes études qui se sont généralement concentrées uniquement sur les étapes ultérieures de la corroboration.

L’échantillon actuel comprend les nouvelles enquêtes pour maltraitance effectuées entre le 1er octobre et le 31 décembre 2008 (n=3106 enfants des Premières Nations; n=12 240 autres enfants). Les cas proviennent de 111 organismes, dont 89 provinciaux et territoriaux (échantillon aléatoire stratifié) et de 22 organismes dirigés par des Autochtones (échantillon choisi à dessein, capable de participer à l’étude), représentant dans chaque cas un quart des organismes qui effectuent des enquêtes en protection de l'enfance au Canada. Les variables prises en compte sont les sources de référence, l’objet de l’enquête, les caractéristiques démographiques de l’enfant et les problèmes de fonctionnement, les facteurs de risque propres au donneur de soins et au ménage et les conclusions de l’affaire. Les chercheurs ont effectué des analyses bivariées pour chaque variable, ont comparé l’incidence (taux pour 1000 enfants) chez les enfants des Premières Nations et les autres et ont calculé le « ratio de disproportion » de ces taux d’incidence.

Ils ont découvert que l’incidence des enquêtes dans chaque catégorie de maltraitance était beaucoup plus élevée pour les enfants des Premières Nations que pour les autres, et que la proportion des signalements effectués par des personnes autres que les professionnels était plus importante. La surreprésentation était plus élevée pour la catégorie négligence et moins élevée pour la violence physique. Les chercheurs ont trouvé un lien entre cette disproportion importante et des différences significatives dans plusieurs catégories de risque : par exemple, pour les Premières Nations et les non-Autochtones respectivement, le faible revenu était un facteur présent dans 53,6 % et 31,8 % des enquêtes, l’abus d’alcool et d’autres drogues dans 55,7 % et 25,3 % et la violence familiale dans 43,7 % et 31,6 % des enquêtes. Les auteurs soutiennent que, les organismes de protection de l’enfance doivent être équipés pour aider les familles à lutter contre ces facteurs de risque afin de diminuer la surreprésentation.

Cette surreprésentation à l’étape de l’enquête est pire à l’étape ultérieure de la conclusion de la cause, même si la disproportion n’est pas aussi importante. Les ratios vont de 1,2 pour la corroboration de la maltraitance (42,5 % pour les Premières Nations et 35,2 % pour les non-Autochtones) à 3 pour le placement en famille d’accueil (9,7 % contre 3,2 %). À cause de l’effet aggravant de la surreprésentation relative aux enquêtes et aux placements, l’incidence des placements dans les territoires de compétence servis par les organismes de l’échantillon est de 13,6 enfants des Premières Nations pour 1000, soit plus de 12 fois le taux de 1,1 pour 1000 des enfants non-autochtones. Les auteurs suggèrent que ces différences indiquent la nécessité d’effectuer des recherches complémentaires sur les modèles de pratique dans les organismes dirigés par des Autochtones.

Notes méthodologiques

A better understanding of the reasons for this observed overrepresentation is clearly needed, to guide possible future corrective action. However, there appear to have been some methodological issues in this present study that made this difficult. For example, an elaborate weighting and geocoding procedure was described, “appropriate for use in . . . comparisons of Aboriginally-governed and provincial/territorial agencies.” Such a comparison would appear to be important, but apparently was not attempted in this study. Also, the authors point out that the purposive sampling of Aboriginally-governed agencies means that these results cannot be generalized beyond the study sample. A further limitation is the fact that only bivariate analyses were used here; multivariate methods should have made it easier to tease out the relative effects of community risk factors and agency procedures on the observed disproportionality.