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Efficacité du traitement pour atténuer le syndrome de stress post-traumatique lié à la violence conjugale (VC) par le biais de l’autonomisation (HOPE) par rapport à la thérapie centrée sur le présent plus la planification de la sécurité (PCT+)

Année de publication
Revu par
Tareq Hardan and Tara Black
Citation

Johnson, D. M., Zlotnick, C., Hoffman, L., Palmieri, P. A., Johnson, N. L., Holmes, S. C., & Ceroni, T. L. (2020). A Randomized Controlled Trial Comparing HOPE Treatment and Present-Centered Therapy in Women Residing in Shelter with PTSD from Intimate Partner Violence. Psychology of Women Quarterly, 44(4), 539-553.

Résumé

La présente étude expérimentale en double aveugle a évalué l’efficacité d’une intervention visant à atténuer le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) lié à la VC. Les participants se sont vues proposer aléatoirement le traitement HOPE utilisant un cadre d’autonomisation (n = 83) ou une version adaptée de la thérapie centrée sur le présent utilisant la planification de la sécurité, PCT+ (n = 89). Les chercheurs ont émis l’hypothèse que HOPE, par rapport à PCT+, serait associé à une plus grande réduction de la sévérité du SSPT lié à la VC et du degré de revictimisation au cours du suivi de 12 mois. Cent soixante-douze femmes résidant dans six refuges du Midwest des États-Unis et souffrant du SSPT lié à la VC pendant une période de quatre ans (2013-2017) ont satisfait aux critères d’inclusion de l’étude sur échantillon aléatoire et ont été évaluées à cinq occasions; au départ, après le séjour en refuge, après le traitement, puis six et douze mois après le suivi.

Cette étude a utilisé un module de traitement comportant 16 séances HOPE basé sur l’approche de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour aborder les domaines influencés par le traumatisme, notamment la confiance, le pouvoir, l’intimité et l’estime, tout en se concentrant sur la sécurité, les soins personnels et l’autonomisation. Le traitement PCT+ consistait en 16 séances axées sur les problèmes et est régulièrement utilisé comme condition d’appariement des groupes témoins dans les essais cliniques sur le SSPT. Les composantes de HOPE (par exemple, la restructuration cognitive, l’acquisition de nouvelles compétences comportementales) ont souvent été citées comme étant des différences essentielles entre HOPE et PCT+. En outre, les participantes à l’étude dans les six refuges ont reçu les services standard des refuges (par exemple, gestion de cas,  milieu thérapeutique et groupes éducatifs). HOPE et PCT+ ont été mis en œuvre avec une bonne fidélité d’intervention par quatre thérapeutes formés au niveau de la maîtrise dans les deux protocoles thérapeutiques.

Les principaux problèmes étudiés sont le SSPT et la gravité de la VC, tandis que les problèmes secondaires sont la gravité de la dépression, l’autonomisation, les cognitions post-traumatiques, la qualité de vie liée à la santé et la satisfaction à l’égard du traitement. Les résultats de l’étude indiquent que HOPE est un traitement efficace pour le SSPT lié à la VC et est associé à une réduction de la VC envers les résidentes des refuges. Les thérapeutes ayant un niveau maîtrise et basés dans la communauté peuvent dispenser efficacement HOPE. HOPE et PCT+ ont été associés à une réduction des taux de VC et à une amélioration de la qualité de vie liée à la santé au cours du suivi. Cependant, la plupart des participantes n’ont pas connu d’amélioration cliniquement significative du degré d’autonomisation ni des cognitions post-traumatiques, ce qui suggère qu’elles présentaient toujours des symptômes légers à subliminaux de SSPT et des niveaux cliniquement significatifs de symptômes dépressifs. Malheureusement, cela n’est pas entièrement surprenant, car les scores moyens suggèrent que de nombreux participants ont continué à subir de la VC au cours du suivi.

Sur le plan pratique, les résultats soulignent qu’une approche thérapeutique tenant compte des traumatismes dans le système des refuges peut être proposée avec succès et efficacement aux résidentes pendant et après leur séjour. Étant donné l’efficacité similaire du PCT+ et de HOPE, la relation thérapeutique pourrait jouer un rôle essentiel dans la guérison des traumatismes. De plus, le PCT+ pourrait être préférable à HOPE en tant que modèle de traitement pour les résidentes des refuges souffrant de SSPT lié à la VC, car il est facile à adapter et nécessite moins de surveillance et de rétroaction pendant la phase de formation, et le PCT+ comprend une composante de planification de la sécurité que les paraprofessionnels peuvent offrir.

Notes méthodologiques

Les limites de l’étude incluent l’absence d’un groupe de contrôle ne recevant pas de traitement et l’incapacité de contrôler les variables qui peuvent influencer les résultats (par exemple, la durée du séjour en refuge). Les changements apportés à la conception de l’étude (par exemple, l’utilisation de thérapeutes communautaires) peuvent avoir dilué les effets du traitement, contribuant ainsi à l’absence de résultats significatifs. De plus, la faible taille de l’échantillon et l’attrition ont été un problème (HOPE : n = 56 et PCT+ : n = 71) lors du dernier suivi, s’ajoutant à l’effet de contamination puisque le PCT+ et le HOPE étaient tous deux offerts dans les six refuges. Les résultats ne peuvent pas être généralisés aux résidents des refuges souffrant d’une maladie mentale grave (c.-à-d., trouble bipolaire, symptômes psychotiques, trouble récent lié à l’utilisation de substances psychoactives et risque de suicide) ni à d’autres populations victimes de VC qui ne cherchent pas d’aide dans un refuge.

Les résultats de cette étude soulignent que HOPE est associé à des gains significatifs par rapport à PCT +. Ainsi, les organismes qui financent les refuges sont encouragés à accorder la priorité au financement de la formation du personnel à la mise en œuvre d’interventions tenant compte des traumatismes dans les refuges.