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Étude américaine : les enfants pris en charge par les services de protection de l'enfance ont de nombreux besoins de services favorisant leur développement et de soins de santé

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Résumé

Aux États-Unis, la loi oblige les États à élaborer des dispositions et des procédures régissant l'orientation des enfants victimes de maltraitance vers les services d'intervention précoce. Ces études ont utilisé des données d'une étude longitudinale nationale. La première étude porte sur :1) le niveau de besoin développemental chez les jeunes enfants qui ont fait l'objet d'une enquête effectuée par les services de protection de l'enfance (SPE); 2) le recours aux services d'intervention précoce chez les nourrissons et les tout-petits desservis par les SPE; et 3) les variations relatives aux besoins et à l'utilisation des services basées sur la corroboration de l'enquête sur la maltraitance envers l'enfant. La deuxième étude porte sur l'ampleur du besoin de soins de santé spécialisés (BSSS) définis comme étant une maladie chronique ou « un besoin spécial » chez les enfants desservis par les SPE, et sur les répercussions que ces besoins peuvent avoir sur le fonctionnement des enfants.

Les résultats indiquent qu'environ 35 % des enfants en protection ont besoin de services développementaux à la base selon deux catégories d'admissibilité déterminée par l'État (les enfants qui ont un retard de développement et ceux qui ont reçu un diagnostic de retard mental ou de troubles médicaux susceptibles d'entraîner un retard développemental). Seulement environ 13 % de ces enfants nécessitant ces services et qui y sont admissibles ont reçu un plan de service familial individualisé (PSFI) à l'âge de trois ans. La corroboration et le niveau de participation des SP sont des variables prédictives significatives du PSFI. En effet, les enfants dont les rapports étaient corroborés étaient plus susceptibles d'avoir un PSFI, même si les besoins développementaux des enfants dont les rapports n'étaient pas corroborés étaient plus élevés à la base que ceux des autres et si le suivi indiquait un niveau de besoin similaire.

Les résultats de la deuxième étude indiquent que 35,1 % des enfants qui recevaient des SPE avaient des BSSS à la base. Environ 50 % des enfants avaient au moins un BSSS à un moment ou un autre pendant la période couverte par l'étude. Les enfants adoptés et ceux placés en famille d'accueil étaient significativement plus susceptibles d'avoir des BSSS que les autres. À tout moment pendant l'étude, entre 14,9 % et 19,2 % des enfants souffraient d'une affection chronique, la plus courante étant l'asthme. Les dossiers indiquent qu'entre 20,6 % et 22,2 % des enfants avaient un besoin spécial. Le besoin le plus souvent déclaré était des services pour un trouble d'apprentissage. Les enfants avec un BSSS étaient significativement plus susceptibles que ceux qui n'avaient jamais eu aucun de ces besoins d'avoir un problème de fonctionnement. Dans l'ensemble, 56,1 % des enfants qui avaient un type de BSSS souffraient au moins d'un des sept problèmes développementaux étudiés. 
Les données indiquent qu'il y a des taux élevés de problèmes développementaux, de conditions chroniques et de besoins spéciaux chez les enfants qui font partie de la population desservie par les SPE. Ces résultats suggèrent qu'il est nécessaire d'orienter un pourcentage important d'enfants desservis par les SPE vers des services développementaux, y compris vers les services de santé destinés à la petite enfance et l'éducation spécialisée. La détection précoce des problèmes développementaux et des BSSS stimulerait le fonctionnement positif et permettrait de déceler simultanément les problèmes cooccurrents. De plus, ces résultats ont des répercussions importantes sur les politiques puisque les besoins développementaux de nombreux enfants dont les rapports n'étaient pas corroborés ont clairement été ignorés.

Notes méthodologiques

Both studies utilized data from the National Survey of Child and Adolescent Well-Being (NSCAW; N=5,501). The first study sample included 1,845 children aged 0-36 months (at baseline) who were involved in child maltreatment investigations. The second study utilized a sample of 5,496 children with SHCN data. Interviews with caregivers and caseworkers and child assessments were conducted at baseline (an average of four months after the CPS investigation) and at three follow-up time points (1.5 years, 3 years, and 5-6 years after completion of the investigation). Only the 1.5 and 3 year time points were used as follow-ups for the second study. Logistic regression analyses were conducted with weighted data in both studies. Limitations include the subjective nature of caseworkers' assessments and caregivers' reports, a lack of information about specific services included in the IFSPs in the first study, and possible underestimates of the rates of SHCNs in the second study.